anthologie de la famille Chu

Collectif, traduit par Angel Pino et Isabelle Rabut

Cette anthologie de nouvelles taïwanaises est une anthologie familiale. Les pièces recueillies sont l’œuvre de Chu Hsi-Ning et de ses deux filles Chu T’Ien-Hsi et Chu T’Ien-Wen. Chu Hsi-Ning (1927-1998), « émigré » du continent, fut une figure marquante de la littérature taÏwanaise des années 50 et 60. Ses nouvelles, hautes en couleur, sont écrites dans un langage vivant et mettent en scène des personnages au tempérament fort, sur fond de campagnes chinoises traditionnelles.

Ses filles, Chu T’Ien-Hsi et Chu T’Ien-Wen, ont à leur tour acquis une grande notoriété dans le milieu littéraire taïwanais. Leur situation de « continentales », sur une île où le sentiment indépendantiste s’est affirmé au fil des décennies, a été pour elles une source d’inconfort, mais aussi un poste d’observation privilégié. Luttant contre l’emprise des discours politiques, qu’ils soient nationalistes ou nativistes, elles écrivent de manière distanciée et ironique sur la société qui les entoure et sur le passage du temps.
Le mémoire est du reste un des thèmes majeurs de l’œuvre de Chu T’Ien-Hsin (née en 1958), laquelle, depuis une décennie, a abandonné la narration traditionnelle au profit de textes réflexifs, où elle engage un dialogue directe avec le lecteur.
Chu T’Ien-Wen (née en 1956) — à qui l’on doit par ailleurs la plupart des scénarios des films de Hou Hsia-Hsien —, s’exprime, quant à elle, dans un style sensualiste et raffiné.
Ce recueil comprend neuf nouvelles :
– de Chu Hsi-Ning : Le fer en fusion (1961), La Nouvelle tombe (1957) et Sur la charrette (1957) – de Chu T’Ien-Hsin : Le dernier train pour Tamsui (1984), Je me souviens (1987) et Le chevalier de la Mancha (1994)
– de Chu T’Ien-Wen : Plus de paradis (1982), La cité de l’été brûlant (1987) et Le bouddha incarné (1990).
(Lettres taïwanaises)

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